Bar à sourire vs Chirurgien-dentiste

Début 2011, l’ordre National des Chirurgiens-dentistes (ONCD) a saisi le gouvernement français, et plus particulièrement la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes) et la DGS (Direction Générale de la Santé) contre les pratiques des bars à sourire, jugées déloyales par l’ordre des chirurgiens-dentistes.

On peut lire sur le site de l’ONCD un communiqué expliquant leur démarche et les objectifs de cette action auprès du gouvernement. Je vous invite à lire l’article de l’ONCD du 12 janvier 2011.

 

Produits dangereux ?

 

L’ONCD accuse en effet les bars à sourire de porter atteinte à la santé des consommateurs, en proposant des produits de blanchiment des dents dangereux à base de peroxyde d’hydrogène. Ces produits sont normalement réservés pour des usages médicaux, et par conséquent seuls les chirurgiens-dentistes sont habilités à manipuler ce type de produit.

Ils voulaient également lever le voile sur les promesses de ces “instituts de beauté”, qui en une séance de 20 minutes permettent de gagner jusqu’à 7 teintes de blanc.

Or la directive européenne 2011-84 du 21 septembre 2011, précise que :

« Le comité scientifique des produits de consommation, qui a été remplacé par le comité scientifique pour la sécurité des consommateurs (ci-après dénommé «le CSSC») conformément à la décision 2008/721/CE de la Commission du 5 août 2008 établissant une structure consultative de comités scientifiques et d’experts dans le domaine de la sécurité des consommateurs, de la santé publique et de l’environnement et abrogeant la décision 2004/210/CE, a confirmé qu’une concentration maximale de 0,1 % de peroxyde d’hydrogène présent dans les produits bucco-dentaires ou dégagé par d’autres composés ou mélanges contenus dans ces produits ne présentait aucun risque. Il devrait donc être possible de continuer à utiliser du peroxyde d’hydrogène dans cette concentration dans les produits bucco-dentaires, notamment les produits de blanchiment ou d’éclaircissement des dents. »

 

Il s’avère que les gels utilisés dans ces lieux contiennent 0,16% de perborate de sodium, qui une fois mélangé dans de l’eau libère moins de 0,1% de peroxyde d’hydrogène, valeur en dessous de la concentration maximale autorisée.

Affaire de business ?

 

Sous des arguments de protection de la santé des consommateurs, les chirurgiens-dentistes représentés pas l’ONCD y voient essentiellement un intérêt financier.

En effet, le prix des séances pratiqués dans ces lieux varient de 29 euros à 149 euros environ, alors que ceux pratiqués par les chirurgiens-dentistes vont de 400 euros à plus de 1000 euros.

Ces derniers y voient donc une affaire de business, et ces nouveaux arrivants comme une concurrence néfaste qui remet en cause leur monopole.

Ce marché était jusqu’alors réservé à une clientèle plutôt fortunée, et les bars à sourire ont profité d’un flou juridique et d’un engouement venu des Etats-Unis pour se lancer sur ce créneau porteur de l’esthétique “à petit prix”.

On peut faire un parallèle avec la téléphonie mobile, et l’arrivée de Free qui a bouleversé l’ordre établi. Les chirurgiens-dentistes doivent par conséquent s’adapter à cette nouvelle concurrence et offrir une gamme de services étoffée à des prix plus compétitifs.

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